"Non mais sinon je lui écris juste que la lune est belle ? Est-ce que c'est cucu plus plus ou juste cucu ?"

Vent : 42 km/h

"Je remplacerais aventure par un autre mot plus complexe"

Vent : 5 km/h





Il est de ces suspensions entre les mondes
Là-même où l'affect peut voyager.

Assurément, vous les croiserez ces coïncidences
 Si vous prenez la mesure de ces zones de mystère
Il ne suffit que d'un infime décalage
 Pour faire s'entrechoquer l'espace et relier deux points


"Au départ, je loupe un train"

vent : 11 km/h


Il était une fois un retard.

Du moins c'est ce qu'ils croyaient pour la plupart.
Un mince décalage dans l'espace-temps, une simple erreur de destination.

Tout le monde peut se tromper.

Vous allez me dire, un billet de train vers une destination où vous êtes déjà ne sert pas à grand chose.
Détrompez-vous.

Avez-vous déjà essayé d'aller là où vous êtes déjà ?
Certains appellent cela de l'attente. D'autres de la flânerie. Parfois même de la rêverie.

Je vais vous dire un secret, c'est sur ces chemins qui ne mènent nulle part que se tissent les plus beaux hasards.

Mais pour aller à la rencontre de l'insoupçonné, il faut choisir son terrain d'attente.
Ainsi naissent les histoires.

"Comment voulez-vous chanter avec un lave-vaisselle ?"


Vent : 13 km/h



Un jour notre lave-vaisselle s'est cassé.

Mon père est assez têtu. 
Nous n'avons jamais su pourquoi mais il n'a jamais voulu en racheter un. 
Ni le réparer d'ailleurs alors que cela aurait été dans ses compétences. 
Le jour de la fête des mères, il a acheté un meuble étagère qui rentrait parfaitement à l'emplacement du lave-vaisselle usagé. 
Nous avons tous râlé et témoigné de l'utilité et du gagne temps de la vieille machine.
Depuis ce jour et depuis dix ans déjà c'est donc lui qui se charge de faire la vaisselle. 
Les rares fois où quelqu'un l'a remplacé doivent se compter sur les doigts d'une main.

Il procède toujours de la même façon. 
Commence par les verres, finis par les casseroles.
Préfère les éponges bleues.

Un jour, il nous a raconté son attirance pour cette douce corvée.
J'appris alors que son goût pour la vaisselle remontait à un souvenir d'enfance.
Des vacances familiales où il pouvait entendre les chants des hommes depuis les cuisines.
Des airs grivois et tonitruants qui l'attirait irrésistiblement.

Pourtant, lui, chante toujours en douceur.
Il aime le travail bien fait.
Transformer la vaisselle sale en porcelaine étincelante, comme neuve.
Il dit que la routine des gestes laisse place à l'union des esprits et des voix.
Son art de faire.
Héros de l'art brut.
Chaque vaisselle est un tableau.

"Je veux colorier le dessin qui fait le plus peur"

vent : 9 km/h


La poésie est trop fragile. Et les mots posés, firent chuter la tension.