"Tu vas où bébé?"

Vent: 27 km/h


Général n'est pas de marbre.
Fier et droit, il fut sans doute dès le début Totem de notre chemin.
On avait décidé au temps où ma main tenait encore la sienne, qu'il faudrait le saluer comme il se doit, chaque matin. Après tout, c'est un individu comme un autre et il devait se sentir bien triste tout seul sur son socle. C'était je crois, de ces petits sourires tangibles que l'on s'invente à deux et qui nous permettent de tenir.
Aujourd'hui il m'apparait sombre, décrépis. Refuge des corbeaux sur fond de nuages noirs. Peut-être est-il en colère?
Il en a sans doute marre d'être coincé sur cette place messine.

"Excusez moi mais ça ne vous regarde pas."

Je vais aller saluer Ney.

"Un immeuble à manqué de s'écrouler de rire"

Vent: 12 km/h

     (Neige précoce non loin du Centre Pompidou)

Se sentir seule.
Avoir besoin de rencontrer le monde
Prendre son vélo
Sans directions imposées
Se perdre dans les chants d'automne.

"Catastrophe à l'échelle réduite"

Vent: 6 km/h 





































Adossée contre le mur dans ce petit entre-deux. Une porte à gauche, une porte devant. Bleues. Plafond orange vif. Sécurité, vert. Un air de jazz lointain que j'imagine s'enfuir d'un vieux film en noir et blanc. Je visualise les regards tournés vers la lumière blafarde. Je suis peut-être dans l'envers du décors, objet de leurs fictions.

"Histoire du lard"

Vent: 15 km/h 



Il n'y a pas de courant d'air et pourtant, j'ai ce petit frisson qui me colle aux basques depuis ce matin.
Le temps se rafraichis et je suis indécise. La plupart du temps, on oscille souvent entre plusieurs choix et on arrive à vivre avec nos décisions en standby. Mais là, je ressens un manque décisionnel vorace.
J'aimerais que quelqu’un se prononce à ma place, me fixe de bêtes règles et les gradues de mes actes.

Je ne pense qu'à m'enfoncer sous une chaude couverture en poils de goupil sauvage.

"Vas y fait le moi je vais peut-être vomir."

Vent: 18 km/h





Journée pluie, nuit blanche.
Foule mouillée.

"Quand j'étais petite j'essayais de passer entre les gouttes, mais c'était trop dur."

Vent: 12 km/h

Comme la nuit du samedi fut un déluge d'art et de pluie, je décidais de passer une partie de la journée blanche du dimanche à la piscine, histoire de ne pas se déshydrater.
La vérité c'est qu'il y avait un concert-concept : De la musique à écouter sous l'eau.

Et je dois dire que c'est assez étonnant. Imaginer un concert, tout ce qu'il y a de plus normal. Mais vous êtes dans une piscine et lorsque vos oreilles passent la limite de l'entre-deux-matières, vous n'entendez plus la même chose. Une sorte de frontière magique, entre deux espaces-temps qui se jouent en même temps mais qui ne peuvent être écoutés par un seul et même sujet.
Quand un bon rock emplit votre corps flottant, vous vous élancez dans une brasse dynamique mais tout à coup, peut-être à cause des remous, votre tête se retrouve sous l'eau.
Et là, des chuchotements.
Plus de batteries, plus de basse, une simple voix qui vous susurre des phrases à l'oreille. Votre corps s'étale alors à la surface, les sirènes vous hypnotisent...jusqu'à ce que par manque d'air, votre corps remonte à la surface et se reprenne le vacarme éclaboussant de la techno parade en pleine face.

"S'accomplir dans l'incertain"

Vent: 7 km/h




Je regarde par la vitre de la voiture, le ronronnement du moteur et la vitesse de l'autoroute me bercent. Dans un demi sommeil matinal j'ouvre à demi les yeux. Quand soudain, je semble déceler une incohérence, que fait donc ma professeur de philosophie à la place conducteur?

"moi j'traine avec des nanas qui se prennent des heures de colle"

Vent: 25 km/h




La création. Est-ce le vecteur d'une vie? 
Je parle ici d'art parce-que c'est un peu ma piscine à boules, je baigne dedans et ça me plait... mais on peut tout aussi bien imaginer la création mathématique comme la folie douce d'une existence. (non?)
(Vous allez me dire, mais les maths c'est pas de la création ! bah allez donc zieuter ici) 

Les images font référence à un joli groupe de musique qui débute à Strasbourg dont une amie tient le rôle de charismatique violoniste. 
J'ai joué - et le mot est si révélateur - quelques scènes de leur premier clip, et ces cours moments de captures cinématographiques semblaient emprunts d'un souffle tangible.
Un tôt le matin dans des draps inconnus, et l'autre en soirée dans le cahier de brouillon qu'est le port du rhin pour les graffeurs.
Touchant de par la légèreté des moyens, simple boîte à photo et inspiration d'embruns.
Aussi de par la participation de chacun à quelque chose de gratuit, qui n'a pas d'autre but que de produire de jolies images. Créer sa musique, inventer des histoires, jouer la vie.

La création me plait-elle tant parce-qu'elle permet d'avoir une trace palpable de ces instants de vie? Ou simplement parce-qu'elle nous donne un but. Et un certain chic aussi, parfois.

Allez donc écouter le Naufrage !