"Il y a des crocodiles sur le plancher de danse"

Vent: 8 km/h


Le brouillard tamisait notre arrivée
Recouvrait d'une aura mystérieuse et pesante
Cette ville que je découvrais pour la deuxième fois
Mais qui cette fois-ci me paraissait différente

Pourtant, rien n'avait changé, ou presque.

Rectangles répétitifs, puzzles superposés et du rouge.
Sur fond blanc.

Comme devant une page blanche où l'on aurait déjà tracé des lignes.

Il m'est étrange de constater que le lieu change entièrement de statut lorsqu'on y vient pour quelques jours.
Pour s'y installer, y manger, y dormir, y vivre.
Nous ne sommes plus passant ou invité furtif, mais habitant.

Je voudrais m'approprier ce lieu.
Je sens qu'il m'invite. À suivre ses lignes, à remplir les cases.
Et à construire des histoires, pour poursuivre la frise chronologique de son onirisme.

Je ne voudrais pas que mes empreintes y soient trop profondes. Je voudrais le remplir de mots, de pensées.

Je voudrais qu'il m'habite autant que je l'habite.



Il ne reste plus qu'une odeur à la cuisine.

"J'ai hâte d'avoir peur"

 vents: 12 km/h



J'ai ramassé par terre non loin du dit village
Un petit avion de papier
Je l'ai déplié pour y lire en ses sillages
Quelques dix lignes d'écolier
Drôle d'exercice, tourner les aiguilles de passage
Il comptait en mots étrangers

It's twelve past five, minuit passé.

"De toute façon, tu lui donnes tous les mérites"

Vent : 22 km/h


"Il était une fois, à chaque fois, le hasard. […] 
Quand dans la vie on lui fait confiance, au Hasard, ça change tout. 
Tout devient possible. Partir. Sans rien savoir. 
Suivre un chemin et sentir qu'il y aura forcément une rencontre au bout. 
Il n'y a plus qu'à renifler la piste… et savoir pencher les yeux. " 
Claire Truche.