Vent: 12 km/h
00- Les pendus dorment-ils? C'est peut-être Grand Vampire qui revient hanter mes rêves. Penser que rien n'est éteint mais que tout sommeille. Petit pluie de sucre fin pour fermer les paupières.
01- Ce matin, elle a ouvert les yeux en douceur, encore cristallisé de sucre glace.
"De toute façon, il pleut tout le temps à Metz"
Menteur.
De toute façon tu ne pourras jamais comprendre les gens du nord. Tu ne jure que par le sud, tu ne peux saisir l'essence du minuscule rayon de lumière qui perce le froid et vient se poser délicatement sur ton lit.
02- Mais c'est qu'il éblouit ce soleil! Il devrait songer à courtiser Température, ça rendrait tout le monde moins nerveux.
03- Même si les freins ne sont plus d'accord, elle s'en fou, aller vite c'est son plaisir du matin.
Le vent c'est un ami, un coup il la porte, un coup il l'essouffle. (Qui aime bien, châtie bien.)
Je crois que son destrier c'est aussi un bon pote; même avec ses pattes cassées et son pelage rouge qui s'effrite, il arrive toujours à la faire danser, ses deux grands yeux à spirales tournoyant avec la lumière.
04- Puisqu'on reste dans la danse, je me demande depuis combien de temps je n'avais pas écouté le vieux Merlin. Ça me rappelle un vieux bus chaotique à l'odeur de renfermé et un chemin coutumier dans une ville sibylline.
Qui suis-je devenue?
05- Ce jour là, il faisait justement très beau, elle était venue à Metz avec une amie, elles avaient mangé une glace et c'étaient couchées dans l'herbe. Elles loupaient quatre heures de philosophie. Alors, elle avait su, sur ce moment si paisible, sur cette ville encore inconnue et sur quelques regards perdus qu'elle allait rester ici pour un moment.
Entre nous, je crois qu'elle a bien fait.
06- Ça s'est construit naturellement, comme une rivière qui suit son cours, qui défile… Elle a planté des graines et tout c'est mis à pousser, c'était une de ses périodes où l'on ne regrette rien, où tout vous fleurit.
07- Quelle étrange coïncidence que de retrouver cette musique maintenant. Elle existe surement plus que toutes les autres. Peut-être parce-qu'elle n'est pas née seule, qu'elle fut partagée.
08- Il y a toujours une apogée dans une histoire, une apogée qui sonne déjà comme une fin, parce-qu'on sait déjà qu'il ne pourra y avoir mieux. Je la vois bien grimper sur une grande montagne avec une facilité dérangeante, s'installer un pic-nic coloré et y inviter tous ses amis, puis faire bronzette.
09- Mais comme le méchant du conte, c'est toujours le Temps, la nuit finira par tomber et il faudra comme toujours, calculer les marées, prévoir la suite.
10- Alors on acceptera que tout a une fin, et qu'il faut s'en remettre à la suite. Puisque seul le mouvement nous fait véritablement vivre. Et encore une foi, il faudra qu'elle lutte contre cette nostalgie vorace et cruelle qui lui dicte ses humeurs.
11- Comme le ronronnement de la voiture qui déplace notre corps alors que nous restons immobile. Elle acceptera la vie, le monde, sa condition de petite fille perdue et ses souvenirs passés. Elle regardera par la vitre les gouttes qui s'enfuient et s'autorisera à rêver à plus tard.
12- Elle a peint sur son plafond des petits points phosphorescents, comme ça même si il y a un toit à son immeuble, même si la ville est polluée ou si il y a toujours des nuages gris à Metz, elle pourra les voir, les étoiles.
13- Damn, pourquoi j'ai oublié hier soir?
14- Épilogue: Une histoire en amène toujours une autre alors pourquoi rester coincé dans une en particulier?
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